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Les Bulgares votent pour la huitième fois en cinq ans, l’ex-président Radev favori
information fournie par AFP 19/04/2026 à 08:31

Une femme dépose son bulletin dans l'urne dans un bureau de vote lors des législatives à Sofia, le 19 avril 2026 ( AFP / Dimitar KYOSEMARLIEV  )

Une femme dépose son bulletin dans l'urne dans un bureau de vote lors des législatives à Sofia, le 19 avril 2026 ( AFP / Dimitar KYOSEMARLIEV )

Les Bulgares retournent dimanche aux urnes, pour la huitième fois en cinq ans, afin d'élire leurs députés, partagés entre la lassitude et l'espoir de voir l'ex‑président Roumen Radev, devenu favori, former le prochain gouvernement pour s'attaquer à la corruption.

Les premières estimations sorties des urnes sont attendues immédiatement après la fermeture des bureaux de vote, prévue à 20H00 (17H00 GMT).

Le pays balkanique, le plus pauvre de l'Union européenne, traverse une crise politique depuis 2021, de vastes manifestations anticorruption ayant provoqué la chute du conservateur Boïko Borissov, au pouvoir pendant près de 10 ans.

"Je vote pour le changement. Ces gens devraient partir, ils devraient rendre ce qu'ils ont volé et quitter la Bulgarie", a déclaré à l'AFP dans un bureau de vote Decho Kostadinov, 57 ans.

De fragiles coalitions se sont succédé depuis le mouvement anti-corruption et M. Radev, 62 ans, a promis de démanteler "le modèle oligarchique de gouvernance", soutenant ouvertement les manifestants fin 2025.

Mais sans "imposer de veto" à Bruxelles, a-t-il tenu à préciser vendredi sur la chaîne bTV, conscient des avant

Une affiche électorale de l'ex-président bulgare Roumen Radev à Sofia le 17 avril 2026 ( AFP / Nikolay DOYCHINOV )

Une affiche électorale de l'ex-président bulgare Roumen Radev à Sofia le 17 avril 2026 ( AFP / Nikolay DOYCHINOV )

A la tête de l'Etat entre 2017 et 2026, cet homme à l'allure austère a démissionné en janvier pour se présenter aux législatives.

Il est favorable à la réouverture du dialogue avec la Russie, suscitant des accusations d'accointance avec Vladimir Poutine.

Critique de la politique énergétique de l'UE, cet ancien général de l'armée de l'air a dit partager, sur l'envoi d'armes à l'Ukraine, les positions de la Hongrie et la Slovaquie, estimant "ne pas voir l'intérêt pour son pays, pauvre, de payer ".

ages retirés par l'appartenance de son pays de 6,5 millions d'habitants au bloc depuis 2007.

Dans ce nouveau scrutin, "Bulgarie progressiste", sa formation de centre-gauche, est créditée d'environ 35% des intentions de vote, loin devant le GERB de Boïko Borissov (20%), tandis que les libéraux proeuropéens de PP-DB s'arrogent la troisième place.

"Je vote pour préserver ce que nous avons. Nous sommes un pays démocratique, nous vivons bien", confie Elena, une comptable d'une soixantaine d'années, qui ne souhaite pas donner son nom, après avoir voté à Sofia.

Boryana Dimitrova, de l'institut de sondage Alpha Research, constate que l'écart s'est creusé à mesure que les élections approchent et dit s'attendre "à une participation plus élevée qu'en 2024", en raison de l'espoir de changement apporté par M. Radev.

- "Alternative" -

Jeudi soir, lors d'un meeting devant plus de 10.000 personnes à Sofia, Roumen Radev a appelé à "resserrer les rangs" et présenté sa formation comme "une alternative à ce cartel pervers des vieux partis".

Il a affirmé qu'il ne formerait pas de majorité avec le parti représentant les minorités turque et rom de l'influent Delyan Peevski, sanctionné par les Etats-Unis et le Royaume-Uni pour corruption, disant viser la majorité absolue au parlement de 240 sièges.

Une affiche électorale de l'ex-président bulgare Roumen Radev à Sofia le 17 avril 2026 ( AFP / Nikolay DOYCHINOV )

Une affiche électorale de l'ex-président bulgare Roumen Radev à Sofia le 17 avril 2026 ( AFP / Nikolay DOYCHINOV )

Il ne veut pas gouverner non plus avec le GERB, "parce qu'il est en désaccord sur la corruption".

Il ne ferme pas totalement la porte au PP-DB, mais ne partage pas sa vision "des enjeux géopolitiques", souligne Mme Dimitrova.

Tout dépendra donc du nombre de partis qui franchiront la barre des 4% pour entrer au parlement.

"Radev veut que la Bulgarie ait un avenir", explique à l'AFP Lazar Lazarov, 28 ans, venu l'écouter avec des amis.

"Il a fait ses preuves comme président. C'est celui qui est le plus acceptable pour l'UE, les Etats-Unis, la Russie et même pour la Chine", ajoute ce professeur de philosophie.

Boïko Borissov, 65 ans, dénie à son adversaire le statut d'"homme nouveau" et dit refuser de se voir accoler l'étiquette du "statu quo".

"Le GERB a réalisé les rêves des années 1990": rejoindre "la zone euro et Schengen", a vanté lors d'un meeting mercredi soir l'ex-pompier et garde du corps, devenu maire de Sofia en 2005.

Le manque de confiance dans le processus électoral pourrait peser sur la participation - tombée à 39% lors du scrutin d'octobre 2024.

Affiches électorales des candidats aux législatives bulgares Delyan Peevski (en bas) et Djipo Djipov, le 14 avril 2026 près de Razgrad, en Bulgarie ( AFP / Nikolay DOYCHINOV )

Affiches électorales des candidats aux législatives bulgares Delyan Peevski (en bas) et Djipo Djipov, le 14 avril 2026 près de Razgrad, en Bulgarie ( AFP / Nikolay DOYCHINOV )

Au cours des dernières semaines, la police a intensifié ses opérations et saisi plus d'un million d'euros, selon les autorités, destinés à inciter des électeurs à voter pour tel ou tel parti.

Des centaines de personnes ont été interpellées, dont des conseillers municipaux et des maires.

Les différentes formations ont appelé les Bulgares à se rendre massivement aux urnes pour limiter le poids de ces votes achetés.

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